Chroniques

L’esprit motard existe encore, je l’ai re-rencontré

As tu déjà observé sur la route des motards se dire bonjour ? Bizarre vu d’un automobiliste ?

Le V du motard à une signification.

Quand j’ai passé mon permis, il y a quelques années (en 1992), un copain (salut Xavier) m’a dit que quand tu croisais un autre motard tu DEVAIS dire bonjour. Quand tu voyais un motard arrêté sur le bord de la route, tu DEVAIS t’arrêter pour voir si tout va bien.

Une espèce de confrérie, un truc spécial, presque une société secrète.

Et depuis que j’ai fait ce voyage moto en Afrique du Sud et que je me suis remémoré de ce que je voulais faire avant de rentrer dans la vie active, je cherche à retrouver cet esprit.

Plein de 2 roues en ville. A chaque moto que je vois à Paris, je veux saluer, mais ça devient dangeureux.

Et finalement j’ai retrouvé cet esprit chez Cocoricorando

Aucune idée de la façon dont j’en ai entendu parler. Leurs vidéos sur Youtube donnent envie. Du coup j’essaye. Je me suis inscris à la Grande Vadrouille, leur nouvelle randonnée moto dans le Morvan.

Une claque.

Tu chausses les tétines (les pneus à crampons) et tu te retrouves pour 3 jours complètement en dehors du temps.

Très hétéroclite, des side-cars sont aussi au rendez-vous

J’y vais, sans trop savoir où je vais tomber (comme pour le jeûne en fait, dans un autre style). Duvet chaud (on est en Octobre), tente Quechua, moto chargée, pas très fier (si je finis dans le talus toutes les 5 minutes, ça va pas le faire).

250 Km de Paris, arrivée dans le Morvan à l’étape de départ. J’arrive dans un premier hotel à 20h (je n’ai pas réservé, j’ai un début de lumbago et plus vingt ans). Rencontre avec deux motards. Diner tous les 3 dans un restau du coin. On parle rando, voyages, moto, famille … mais pas boulot. On est là pour partager une passion commune. Les gars ne font pas dans la dentelle : équipés, des bécanes préparées.

Mais sur le parking, des belges avec des bécanes des années 80 pas préparées du tout, un couple de suisses de 60 ans avec une BMW énoooorme et une Yamaha T7 (et qui d’ailleurs assurent comme des bêtes).

Ca promet

Il y a 3 parcours possibles : bitume / aventure / extreme.

Je tente l’aventure.

Des tentes et des motards

Comme je suis un touriste, j’arrive au départ sans GPS et me dis que je pourrais suivre la meute (+200 motards dans un village, je vais bien réussir à en suivre un ou deux). Et je découvrirai tout au long du week-end que, même à 200, on arrive à passer 1 heure sans voir personne.

Des motos hétéroclites, 98% de mecs, une ambiance de dingue.

Les premiers kilomètres arrivent et ça commence à chuter dans le gras (il a plu pendant 2 semaines). On est plein de boue, tout le monde sourit et s’entr’aide.

Et puis je rencontre Yves à un arrêt café. On passera 2 jours ensemble. C’est la première année pour lui aussi. Il a plus d’expérience que moi, on sympathise. Le pauvre :

  • m’a entendu jurer pendant toute une journée dans son casque (nous avions synchronisé les intercoms placés sur nos casques, je jure pas mal quand la moto commence à déraper…. et elle a passé 2 jours à déraper dans tous les sens)
  • m’a aidé à remonter les 300 Kg de bécane tombée … 7 fois (lui une seule et très très spectaculaire)

Le soir, après une journée à batailler avec la boue, se viander (pas Yves, juste moi), sortir les motos des autres du talus, absorber les chocs, voir des paysages sublimes, sniffer l’odeur de l’herbe fraîche…. le verdict tombe : diner, une bière et au lit.

Parfois il faut sortir les sangles…

J’ai pris la version Roots de la rando, avec tente, douche commune et camping. D’autres choisissent le mobil-home ou l’hotel. Franchement, l’ambiance sur le camping était extra. Repas en groupes (en respectant les distances, Covid oblige), bonne bouffe, chouettes échanges.

Tout le monde parle avec tout le monde.

Comme ce couple en Honda 500 CX (les connaisseurs apprécieront) qui a fait le tour du monde et silloné l’Amérique du Sud en side-car avec leurs enfants. Rencontrer des personnes comme ça, modestes sur leurs aventures malgré des trips de dingues, voilà qui redonne du baume au coeur (et envie de voyager).

Et tous les autres avec qui tu partages une aventure, juste dans le moment présent. Parce que Cocoricorando, pour moi, c’est ça : un temps en dehors du temps. Tu laisses tout à la maison, tu t’évades, pas trop loin de chez toi, en toute sécurité.

Que tu viennes pour l’aventure ou juste pour profiter, c’est une expérience à faire. D’ailleurs, toi qui me lis, si tu as une moto, envoie moi un mail. La prochaine rando, on y va ensemble. En tous les cas, j’y serai.

“J’adore l’odeur de l’essence au petit matin” comme disait presque Kilgore

Merci à toute l’équipe de Cocoricorando : les gars vous avez créé un événement ultra sympa, très bien organisé et avec de vraies valeurs.

Et surtout Merci Yves pour avoir supporté mes jurons ! Vivement la prochaine Cocorico.