Chroniques

Lewis (Hamilton) sors de ce corps (ou pas)

L’ami Tim est un dingue de voiture, surtout quand elles vont vite et au ras du sol. C’est lui qui m’avait fait découvrir les 24 heures du Mans.

Le Tim a la passion communicative. Donc quand il m’a proposé de faire une journée en Formule Renault, j’ai dit oui.

Circuit de Fontenay Le Comte.

Ce circuit voiture et moto est en Vendée, donc ça se couple plutôt bien avec un week-end sympa.

Bref, une journée à piloter une formule Renault.

D’abord la bête

210 chevaux, 450 kg. En gros c’est le rapport poids/puissance d’une Ferrari 458 Spéciale ; en clair ça envoie du steak. Quand tu appuies dessus, si tu ne fais pas gaffe, l’arrière part et tu finis… dans les graviers.

C’est très « rudimentaire » : en gros tu es assis sur la route. Le baquet n’est pas moulé à ton corps. Ne cherche pas les coussins : c’est de la pierre. Pas de quoi non plus mettre tes pieds. Engoncé dans ta combinaison qui te moule avantageusement, Nicolas (l’organisateur) te serre les ceintures de sécurité avec autant de poigne que de sérieux dans l’organisation…

 

En gros, tu ne bouges pas une oreille. Oreille d’ailleurs calée dans un casque avec une protection pour éviter le coup du lapin. En clair, tu ne tournes pas la tête.

Formule Renault : ami claustrophobe, passe ton chemin : mais c’est beau, ça en jette…

Pour les jambes, tu les cales. Pas besoin de l’embrayage, sauf pour démarrer. Tu passes les rapports au volant et si tu veux avancer tu fais freinage pied gauche. Et tu cales au début, comme lorsque tu avais 18 ans et que tu commençais à conduire.

Alors au début tu es prévenu : les participants ne freinent pas assez. Ahh bon ?

Alors, je vais faire comme en moto alors et freiner comme un bourrin. Ce que j’ai fait, et j’ai bloqué les roues à chaque fois… tout fier j’étais : montrer que je sais freiner comme un pro. Commentaire : « ben oui, ok, tu freines fort. Le point tout de même c’est qu’il faut avancer un peu »

En gros, je me traine…

Et c’est là où tu apprends l’humilité. Comme dans la vraie vie, on a tendance à se penser meilleur pilote. Et bien j’étais super lent. La première série (il y en a 5), j’ai fait mon meilleur tour en … 1mn30, les autres pilotes en 1:07… genre ils m’ont mis ma race.

Se faire doubler, OK. Mais tout le temps, c’est pas drôle à la fin.

Ces petites machines, ça va vite, ça vibre, ça fait un bruit de dingue. J’étais rincé après 10 tours, transpirant et tout.

Après chaque série, les ingénieurs débrieffent avec toi, sur la base de ton film (dans mon cas) ou avec les mesures qu’ils superposent à celles du meilleur temps du circuit. C’est marrant, pour moi ils n’ont même pas essayé de regarder où je pouvais gagner des dixièmes de secondes, mais plutôt des dizaines de secondes. En clair : mets la purée, freine plus tard et tant que tu n’as pas peur, c’est que tu ne vas pas assez vite.

Mario Andretti : “If everything seems under controlyoure just not going fast enough.”

Après j’ai commencé à faire des trajectoires (facile ils ont mis des cônes pour te dire quand freiner). J’ai bien mis 3 séries avant de ne plus être surpris par le circuit. Il y a 5 séries au total. Autant te dire que le temps que je mémorise le circuit, c’était fini.

Et puis ensuite tu prends confiance, tu vas plus vite (et bon, j’en avais marre aussi de me faire doubler). Tu freines plus tard.

D’ailleurs c’est la découverte : si tu ne te fais pas peur, c’est qu’il y avait encore beaucoup beaucoup de marge. Une fois j’ai essayé de suivre Tim (qui a fait les meilleurs temps très rapidement et qui est l’un des meilleurs sur ce circuit… de l’histoire du circuit). Bref, on a fait Chicken (enfin, plus moi) : “NAN je freinerai pas, toi d’abord”… Et j’ai fini dans le bac à sable.

La satisfaction quand même d’avoir amélioré mon chrono de 20 secondes en une journée.

Tiens, plutôt que de te dire comment je suis bon (ou pas, en fait), les 3 crashs…

et le tour de maitre Tim (pour voir ce qu’il faut faire).

Conclusion : une jolie expérience. Qui coûte une blinde quand même (1400€ la journée), mais un joli truc. J’ai appris des trucs (pas forcément utile dans ma familiale, quoique). A savoir tout de même : franchise de 1,500 € sur les 5,000 premiers euros de réparation, après c’est pour toi. Genre un des gars la fois précédente, son petit tour lui a couté 4,500€ de réparations (c’est très rare, je précise. On n’est pas là pour casser le matos).

Conseil : faire plusieurs journées en Funyo pour apprendre le circuit et les trajectoires avant de tenter la formule Renault, ca va te couter un peu moins cher et tu vas apprendre autant (mais bon, tu ne seras pas monté dans une monoplace).

Allez, je sens que tu as envie… il faut y aller du coup. Ne sois pas de ceux qui vivent avec des regrets ou qui sont trop raisonnables.

Ne remets pas à demain… Action.

Tu rencontres des gens sympas, qui ont une passion… un bon cadeau à faire.

L’équipe de Race Inside (demander Nicolas – une organisation aux petits oignons, ta vidéo pour montrer tes exploits (ou pas))