We don’t care who sees…

le poète américain Snoop Dogg* l’a dit dans “Young Wild and Free” (écoute-le à la maison, tes ados vont te regarder différemment) : “we don’t care who sees”.

Traduction libre : “On s’en bat les steaks de qui te regarde”

Donc on va aborder le regard des autres, ce truc qui te pourrit (ou pas) depuis l’enfance.

Des années que j’essayais de me guérir du regard des autres

Et il aura fallu 1900 kilomètres pour y arriver (cf le chemin de Compostelle pendant 2 mois).

Le regard de l’autre, c’est ce qui me faisait jouer un rôle parfois au boulot (quand j’étais salarié). Ou porter des fringues que j’étais supposé porter.

Les fringues justement

En marchant vers Compostelle, comme tu emportes (très) peu de vêtements, tu n’es pas magnifaïïïque. C’est le triptyque Quechua, gore tex et godasses de marche. Après 30 jours, l’odeur aidant, tu ressembles à un SDF, soyons clair.

Mais tu es confort.

Voire tu fais comme moi et tu pousses l’expérience à trouver tes godasses trop lourdes et passer aux chaussures ouvertes. Mais comme tu cherches le confort, tu mets des chaussettes.

Donc, claquettes chaussettes

Ça donne ça

Alors je dois t’avouer que le jour où j’ai revêtu cet habit de lumière, je n’étais pas confortable avec le regard d’autrui. Je repense à cette boulangère, fort avenante d’ailleurs, qui me gratifie d’un sourire lorsque je passe le pas de son échoppe, de bon matin. On a tous envie de séduire, avouons-le (en tous les cas je l’avoue). Le moment où ses yeux ont atteint mes chaussures, pas besoin de savoir lire les émotions pour voir … disons sa surprise (ok, dégoût). Et là tu prends une grande respiration, tu souris et tu fais comme si tu n’avais rien vu. Tu prends ta demie baguette pas trop cuite et tu ne demandes pas ton reste.

Voilà, vaincre la peur du regard des autres, cela a commencé comme ça pour moi.

Un peu plus tard, comme je suis un peu maso, j’ai fait un détour pour passer dans une rue piétonne d’une ville moyenne à l’heure d’affluence. Des personnes attablées en terrasse à midi, sortant du boulot. Je suis passé deux fois.

Et ensuite, pendant le mois restant, j’ai continué à m’en ficher. Au début tu n’es pas très à l’aise. Mais au bout d’un moment ça passe.

Finalement, un super exercice. Qui d’ailleurs vaut dans les deux sens : incroyable comme, à la fin de ce périple, tu deviens tolérant et hors du jugement, quelle que soit l’apparence des autres.

Pourvu que ça dure.

Comme de par hasard (mais y en a t il ?), je tombe sur la bande annonce d’un film de Janvier 2022 avec Alexandre Jollien (si, si, je t’avais déjà parlé d’Alexandre Jollien) et Bernard Campan. Je vais reprendre ce que dit Campan : “moi le regard d’autrui, je m’en branle”

* Snoop Dogg, c’est le gars qui paye quelqu’un à plein temps pour lui rouler ses joints, donc avant de le sortir en réunion, garde ça en tête

** et comme tu es lettré, tu auras reconnu Jean Paul Sartre, pour qui le regard d’autrui chosifie.