Chroniques

C’est le jeu ma pauvre Lucette

Se plaindre est l’un de nos sports favoris, à nous Français particulièrement.

Et pourtant, il y a bien des raisons de se réjouir de notre pays et de notre situation : tout ne va pas si mal, loin de là même..

 

Pendant 7 ans, j’ai travaillé à l’étranger. Là aussi, les patrons de boites se plaignaient.

J’ai ensuite cotoyé des entrepreneurs de quasiment tous les secteurs et de pays différents (US, Chine, Europe entière, Afrique). La conclusion est qu’aucun système n’est idyllique (sauf quand il est vu de l’extérieur).

 

Aperçu :

Les US ont accès à du capital, de l’enthousiasme à revendre, un marché intérieur gigantesque et des lois du travail souples MAIS

  • les salaires sont très élevés (dans la Silicon Valley, un développeur vaut +120 K€),
  • la fidélité n’est pas de mise (les employés restent peu dans les sociétés),
  • l’éducation est hors de prix.

L’ile Maurice, que je connais bien, a des couts salariaux peu élevés (400 € mois) très peu de charges sociales (9%), une population très accueillante et bilingue MAIS

  • il n’y a pas beaucoup de diplômés,
  • le niveau de formation est à parfaire,
  • la fidélité est dure à mettre en place.

La France, a un bon niveau d’éducation, des institutions solides MAIS

  • un niveau de charges sociales très élevé,
  • un droit du travail un brin tatillon,
  • une population peu anglophone.

Au final, où que l’on soit, il y a des avantages et des inconvénients. Ne regardons pas ce qu’il y a à coté mais ce que nous pouvons faire maintenant.

 

Pour aller dans ce sens, je viens de faire une expérience.

J’ai utilisé UpWork une plate-forme de travailleurs internationaux. Une expérience qui m’a ouvert les yeux.

J’ai demandé à faire modifier des fichiers graphiques simples (changer un texte, une police de caractère, adapter un design et une couleur). J’aurais pu le faire seul sur Canvas ou Photoshop mais je n’avais pas le temps d’apprendre à utiliser ces outils (ni envie). J’ai donc posté sur la plate-forme Upwork ma proposition de travail (en anglais). Ensuite, on m’a proposé plusieurs graphistes pour faire cette tâche :

  • Gertrude, Allemande (40 $ de l’heure)
  • Pascal, Francais (35 $ de l’heure)
  • Mehdi, Bengladeshi (5 $ de l’heure)

le Français aurait été le plus rapide (nous parlons la même langue). Gertrude a refusé le job. J’ai donc choisi Medhi.

Nous avons échangé par mail, je ne l’ai jamais vu et ne le verrai jamais (ou pas). Cela s’est très bien passé même s’il y a eu quelques aller/retour. Au final, pour 3 heures de travail, cela a couté 12 €. Mon interlocuteur était très pro et le résultat nickel.

 

Alors, on peut me critiquer (j’assume très bien), mais à mon humble avis, je ne suis pas le dernier d’une longue série.

 

Ma conclusion à mes filles (13 et 15 ans) à qui j’ai raconté mon expérience : “Soyez créatives et apportez une grande plus-value dans ce que vous faites, car demain, celui qui va faire votre travail est à l’autre bout du monde et beaucoup plus accessible que vous ne le pensez (et 7 fois moins cher)”.

 

Allez, vous reprendrez bien un verre de mondialisation ?