Chroniques

La limite de croissance de l’entreprise serait-elle son dirigeant (ou sa dirigeante) ?

Commençons en musique. Te souviens tu de ce morceau « Nothing compares 2 U » ? Un tube de notre jeunesse (pour les quarantenaires et plus). A ton avis qui l’a écrit ?

Ces dernières années, rencontre avec beaucoup de dirigeant(e)s de société petites ou grosses (jusqu’à 1000 personnes). La plupart sont en poste depuis l’origine ou en tous les cas depuis plus de 10 ans. 

Porte fermées, après les discours sur la valeur de leur équipe, sur le fait que la société ne serait rien sans ce superbe collectif, on entend parfois « il y a des jours je me demande pourquoi certains réagissent aussi stupidement » ou « pourquoi dois-je encore être au milieu de tout cela ».  (J’avoue, j’ai été de ceux là, à me demander si seulement, enfin, la boite pouvait tourner sans que je mette mon nez partout pour découvrir des ratés).

Mais, au final, ne serait ce pas le dirigeant (la dirigeante), ses recrutements, ses réflexes, sa vision qui seraient à l’origine de ces lenteurs ?

Ce n’est pas que ces dirigeant(e)s soient idiots, bien au contraire. Ni qu’ils (elles) ne se remettent pas en cause ou n’acceptent pas la critique. 

Non, et si le problème … c’était le (la) dirigeant(e) ?

Ils ont mis en place une organisation, des équipes, un système qui leur ressemble. Serait-ce la limite ?

Chez Accenture (certains vont me trouver lourdingue avec cette boîte) chaque patron était remis en cause. Le CEO monde et de chaque pays n’avait pas le droit de rester plus d’un certain nombre d’années (5 à 8 de mémoire mais je le trompe sûrement). Comme un homme politique : il avait une date de péremption. A son arrivée, plusieurs changements opéraient rapidement. Et la boîte progressait. 

Un(e) nouveau DG emmène de nouvelles équipes, un nouveau souffle. L’ancien(ne) dirigeant(e) prend de la hauteur, laisse le champ libre (ou part). Vincent Huguet, patron de Malt (ils commencent à me courir ces trentenaires qui ont compris des trucs bien avant moi 😉 ) explique très bien (dans ce podcast) pourquoi il est parti en Allemagne pour laisser se la place à son nouveau DG. En se focalisant sur ce à quoi il est bon (démarrer), il laisse du champ pour qu’un autre prenne la place. Il se concentre sur les signaux faibles et le lancement de pays …

 

Revenons à « Nothing Compares 2 U » : qui a donc écrit parole et musique ?

Tu vas dire Sinead O’ Connor avec son crâne rasé et sa voix haut perché… raté. C’est Prince… sauf que la version de Prince était … juste (beaucoup) moins bonne et populaire. Elle a eu aussi beaucoup moins de succès.

Accepter qu’un.e. autre sublime sa création, ne serait-ce pas le graal ? (Et ne pas en venir aux mains comme l’a fait Prince contre Sinead O’Connor…)

Finissons donc en musique :

 

Mise à jour : suite à une remarque tout à fait fondée (merci @Cyrille), j’ai féminisé le propos. Si seulement je croisais plus de dirigeantes, peut être cet article n’aurait-il aucun fondement… (allez un deuxième pavé, il est chargé ce Dimanche)… D’ailleurs Sinead a pris la place de Prince, avec plus de réussite…