Chroniques

Bref, je suis sorti de ma zone de confort

Bref, dans le milieu pro, la phrase qui revient est « se mettre en danger » « sortir de sa zone de confort ». Ouais, Ok, sur le papier. Mais dans la vraie vie, ce n’est pas la même crèmerie.

Pour avoir un équilibre, les 5 domaines de vie (famille, social, perso, pro et couple) doivent être au niveau désiré. Cette réflexion, issue du coaching, est devenue une prise de conscience chez moi. Le couple est souvent ce que l’on néglige, surtout avec des enfants.

Du coup, quand Sandrine m’a demandé pour la 4ème année d’affilée si je ne voulais pas aller faire de la danse avec elle, je me suis dit : Pourquoi pas. C’est vrai, j’aime bien la danse, je pense (pensais) avoir le sens du rythme. Alors, OK, banco, allons danser une fois par semaine ma chérie…

Quand tout à coup, je réalise…

Bon, il faut être honnête, j’étais pas super motivé. La raison à n’en pas douter : mon absence lors des 4 premières séances. Bref, nous arrivons au cours. Salsa au menu. On se met en couple, je tente misérablement de singer ce que font les autres… et je n’y arrive pas du tout. Mais alors, pas du tout. Une dizaine de couples ce Mercredi soir sur la piste autour de Nicolas, le prof, la petite trentaine, très sympa.

Nous allons rester à l’écart, on ne me verra pas. Juste un mauvais moment à passer, pourvu que cela ne se voit pas…

Quand tout à coup, c’est le drame (ou pas)

Quatrième fois que je tente de coordonner les bras et les jambes. Non, vraiment, ca ne passe pas. Personne n’a vu (sauf Sandrine qui ne dit trop rien). Nicolas me voit en carafe et commence à me reprendre, très gentiment.

Tout le monde s’arrête, ça y’est je suis une vedette… Essayant de me rassurer sur mes capacités (« moi aussi j’étais comme toi, j’avais du mal » « t’inquiete, ca va venir »), John Travolta me prend dans ses bras et me guide. La cata… et toutes ces paires d’yeux qui me dévisagent. Tous ces mecs qui se disent « finalement, je ne suis pas une quiche » et toutes ces femmes qui se disent « ah oui, effectivement, Marcel n’est pas si quiche finalement ». Cela dure une éternité… au moins 4 minutes. 4 minutes où je me dis « je vais tous les planter là, je me barre, plus possible ». Non, Gilles tu restes là, tu prends les remarques, c’est le moment d’avoir de l’humour sur toi, du recul. Tu es complètement mauvais. Ca se voit, mais c’est bon, sourie… Ca va passer…

P… c’est long 4 minutes

Je souris… et je me concentre. Evidemment je n’y arrive pas mieux, mais je souris. Bon, les 4 minutes sont passées, tout le monde a repris une activité normale. Respire.

Le cours passe. C’est la fin. On sort. Libération…

Dans la voiture du retour, je me tourne vers Sandrine : « bon, euh, comment dire, mais là tu te rends compte que je viens de me taper la honte du siècle ?! Bien 20 ans que je n’ai pas eu autant honte de moi, nul, devant tout le monde » « ah bon ? pas du tout, moi j’ai rien vu » (Catherine Deneuve, sors de ce corps).

Bref, je me suis tapé la honte pendant 4 minutes.

Le prochain qui  me dit qu’il faut sortir de sa zone de confort, je l’assomme parce que dans la vie, il y a des gens qui m’énervent.